Remettre en question le système en place
Ce qui paraît obligatoire n'est souvent qu'une possibilité parmi d'autres.
Voter, c'est participer, et c'est justement pour ça que je ne vote pas. Le « moins pire », le vote blanc, et là où je mets vraiment ma voix.
« Votre voix compte. » « Ne laissez pas votre majorité silencieuse. » « Le meilleur geste contre l'abstention, c'est de voter. » « Faites entendre votre voix. »
À chaque élection, on nous répète les mêmes phrases. Il faut voter. Voter est un devoir citoyen. Voter, c'est participer. Certains pays vont même jusqu'à sanctionner financièrement ceux qui ne se rendent pas aux urnes.
Moi, justement, c'est parce que voter, c'est participer que je ne vote pas.
Parce que participer, c'est entrer dans le jeu. C'est accepter les règles du jeu. C'est choisir un candidat, un parti, une vision politique, et lui donner littéralement sa voix. Or je ne veux donner ma voix à aucun d'entre eux.
On peut me présenter dix candidats, vingt partis, cinquante programmes : si aucun ne représente ce que je pense, pourquoi devrais-je absolument en choisir un ? Parce qu'il serait « moins pire » que l'autre ?
On entend souvent : « Si tu ne votes pas, tu laisses les autres décider à ta place. Vote au moins pour le moins pire. »
Vous vous entendez parler ? Je devrais donner ma voix à quelqu'un que je ne soutiens pas, simplement parce que la personne en face me plaît encore moins ? Non.
Je ne joue pas à choisir, comme dans South Park, entre la poire à lavement et le sandwich au caca. En réalité, je ne joue pas du tout. Et c'est précisément là la différence.
Continuer à voter pour moi, ce serait continuer à monter sur scène dans une pièce de théâtre dont je n'aime ni le scénario, ni les acteurs, ni les règles. Et voter blanc ? C'est toujours acheter son billet pour assister à la pièce.
Moi, je ne veux être ni acteur, ni spectateur. Je ne veux simplement pas participer.
Mais il y a quelque chose de faux dans tout ce que je viens d'écrire. Parce qu'en réalité… je vote.
Je vote probablement même tous les jours. Simplement, mon bulletin n'est pas en papier. Ma voix, ce sont les satoshis que je possède.
Chaque fois que j'achète du Bitcoin, je vote. Chaque fois que je conserve une partie de mon épargne en dehors du système bancaire traditionnel, je vote. Chaque fois que je choisis de détenir une monnaie dont personne ne peut modifier arbitrairement l'offre, je vote. Chaque fois que j'effectue une transaction sans demander l'autorisation à une banque, je vote. Chaque fois que je préfère un réseau ouvert à une institution qui peut décider des règles pour moi, je vote.
Je vote avec mon argent. Et surtout : je vote avec mes pieds.
Je ne cherche pas à prendre le contrôle du système. Je ne cherche pas à convaincre 51 % de la population d'adopter mes idées pour ensuite les imposer aux 49 % restants. Je cherche simplement à reprendre le contrôle de ce qui m'appartient. Mon temps. Mon travail. Mon épargne. Mon argent.
Alors non, je ne donne pas ma voix à un politicien tous les quatre ou cinq ans. Je préfère la garder. Et utiliser cette voix chaque jour.
Chaque satoshi en ma possession est un bulletin de vote. Un vote pour une autre manière de penser l'argent. Un vote pour la responsabilité individuelle. Un vote pour la possibilité de sortir d'un système plutôt que de passer sa vie à essayer d'en changer les dirigeants.
Vous pouvez garder vos bulletins. Moi, je sors MON ARGENT de VOTRE SYSTÈME.
Ce qui paraît obligatoire n'est souvent qu'une possibilité parmi d'autres.
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